jeudi 9 février 2012

PARI RÉUSSI POUR JULIEN SAGOT

Percussionniste et idéateur sonore chez la formation québécoise Karkwa, Julien Sagot faisait paraître la semaine dernière son premier opus intitulé Piano Mal. L’univers de Julien Sagot s’apparente à un folk rock, un peu prog sur les bords, un peu chanson française, assez champ gauche, s’éloignant du son de Karkwa pour se rapprocher de celui de Patrick Watson… et la réalisation de Simon Angell, guitariste de Watson, n’est pas étrangère à cette signature musicale. Avertissement : les textes de Sagot donnent dans une poésie surréaliste qui pourrait paraître hermétique aux adeptes de chanson française plus «classique»!

Ça débute à gauche du spectre avec Le trucifié. Chanson où tous les ingrédients mentionnés précédemment sont réunis. Titre qui donne sérieusement le ton à l’album. Suit Piano mal, la folk éthérée Qui et retour au piano avec Palissade. Survient la très « chanson française » Une vieille taupe; pièce qui semble tout droit tirée de l’univers de Arthur H. Arrive le morceau rock Le temps des vendanges, la presque robotique Château rouge, la folk minimaliste Février et la ritournelle la plus perméable de cette création titrée Les champs de coton. Structure simple, base folk, presque aérienne, cette chanson est une réussite. L’album se conclut par une expérimentation musicale bruitiste aboutie nommée S.O.S. panda.

Sur Piano Mal, Julien Sagot se distance juste assez de Karkwa pour créer un espace musical personnel aux atmosphères parfois éthérées, parfois glauques et toujours distrayantes. Aucune chanson particulièrement mémorable mais, un habillage sonore et des arrangements singuliers qui confère à Piano Mal une personnalité propre. Une seule barrière : la voix chancelante de Sagot. Un peu plus d’assurance et d’affirmation aurait porté ce disque à un niveau artistique plus élevé. Qu’à cela ne tienne, Julien Sagot a passé l’examen avec succès et il peut affronter l’avenir avec calme et sérénité, car notre homme peut très bien briller sans ses confrères de Karkwa. Les fans de Patrick Watson et Arthur H affectionneront cette création. Une réussite!

Ma note : 7/10

Julien Sagot
Piano Mal
Simone Records/Select
40 minutes

PAR STÉPHANE DESLAURIERS, LE CANAL AUDITIF, LE 7 FÉVRIER 2012

The mood is spot on

JULIEN SAGOT
Piano Mal
(Simone)

Karkwa and Pawa Up First’s percussionist unleashes his inner hambone, diving into the role of a deep-voiced, supernatural Gainsbourgian crooner. He ably presides over a tense, brooding musical stew that’s been passed through multiple cinematic filters: expect mysterious background droning, thick, pulsating drum hits, disjointed guitar fuzz, melancholic piano chord progressions and tender acoustic guitar. The mood is spot on, while the songwriting is more uneven. 7/10 Trial Track: “Palissade” (Erik Leijon)

Extract from MUSIC REVIEWS by MIRROR MUSIC February 9, 2012 

Le lancement de "Piano Mal" une véritable fête de famille

Julien Sagot, le batteur de Karkwa, lance Piano mal, album solo

Le percussionniste de Karkwa, Julien Sagot, a lancé tout récemment son premier album solo, Piano mal, au Cabaret La Tulipe. Accompagné de cinq musiciens, il a présenté son univers musical singulier, tissé à même la poésie surréaliste et un goût pour l'expérimentation sans caprices.

Les lumières de la salle ont diminué d'intensité, presque jusqu'à s'éteindre, réduisant au silence la foule nombreuse. Julien Sagot a fait son entrée sur la scène illuminée et encombrée, le visage fendu d'un large sourire. Aux premières notes de la chanson «Le trucifier», qui ouvre également l'album, l'invitation au voyage était lancée: plonger, se laisser absorber par l'inconnu d'une musique complexe et parfois éthérée.

Expérimental, atmosphérique, cinématographique. Autant d'étiquettes qu'on peut accoler à l'album de Julien Sagot. Il multiplie les textures musicales, les passages instrumentaux, les variations de genre et de ton. Les textes, composés à partir de la technique de l'écriture automatique, mettent de l'avant des images fortes, nées de mots assemblés au hasard.

«L'écriture surréaliste est un endroit confortable, explique-t-il, quelques minutes après la fin de sa prestation. C'est une place où on peut se cacher derrière une sorte de forêt, où on est à l'abri, où tout est possible.» Il crée ainsi par instinct, inspiré par le quotidien, la culture, la sculpture.

Cette influence surréaliste — il se réclame d'ailleurs d'une certaine filiation avec André Breton, figure de proue du mouvement artistique — teinte l'album d'un caractère onirique et ludique. La performance de Julien Sagot s'est d'ailleurs déroulée devant un rideau noir parfois ponctué de points de lumières, ou devant un théâtre d'ombres et d'objets. Un visage de mannequin était même planté sur un piquet à l'avant de la scène, éclairé de rouge, figé dans une expression semblable au Cri de Munch.

Julien Sagot, qui a cofondé Karkwa en 1998, estime que « Piano mal » est un projet parallèle qui lui permet d'explorer autrement sa liberté de créateur. «Ça ne sonne pas Karkwa, ce n'est pas Karkwa. Même si ça reste de la musique, de la création, un univers d'écriture que j'ai déjà exploré auparavant

Pour son album, il s'est entouré d'artistes dont il aimait particulièrement les univers musicaux. Il a confié la réalisation de son disque à Simon Angell (Patrick Watson), qu'il a connu à la suite du projet Karkwatson. Celui-ci signe également les arrangements, avec le chanteur folk Leif Vollebekk.

Avoir à défendre son propre matériel sur scène et le rendre avec justesse représentait ainsi un nouveau défi pour le percussionniste. «J'avais quelque chose à me prouver. On m'a souvent dit dernièrement que mon disque était “ambiance”. Je trouvais ça un peu difficile à rendre devant un public. […] Mais je suis content. Je vais peut-être y prendre goût!», lance-t-il en riant, heureux de l'accueil que lui a réservé la foule.

Dans la salle, les membres du groupe de Karkwa étaient présents, venus encourager et applaudir leur ami. De nombreux enfants s'amusaient autour du bar du Cabaret, dévalant les allées et s'amusant entre les tables. Sur scène, les musiciens formaient un groupe homogène, visiblement complices. De l'aveu même de Julien Sagot, ce fut une véritable fête de famille.

Article de Rachel Nadon, Le Huffington Post Québec Publié le 8/02/2012

mercredi 8 février 2012

Dans la tête de Julien Sagot


Il est un peu nerveux, très heureux et vraiment bien entouré. Profitant d’une pause prolongée de Karkwa, le percussionniste du groupe lance un album solo, Piano mal. Nous l’avons rejoint au La Tulipe, quelques heures avant le lancement, en plein test de son et d’éclairage. Des éclairages à l’image du son de Julien, aux couleurs et intensités variés, conçus par Mathieu Roy.

Julien Sagot est un musicien curieux, un explorateur des sons, des bruits et des textures. Son album constitue une suite de fresques aux couleurs multiples, avec l’énergie du rock en fond ou de front. Il tire sur plusieurs ficelles, nous déploie ses musiques apaisantes comme un pan de son imaginaire. Et ces multiples tableaux sonores trouvent leur fil conducteur avec Simon Angell à la réalisation et Leif Vollebekk aux arrangements.

Avec sa voix granuleuse, il fait résonner ses écrits surréalistes, ajoutant à l’atmosphère sombre et hypnotique de l’album. Cette juxtaposition de sons et de mots nous entraîne dans un univers à la fois brumeux et chargé, qui s’apprivoise au fil des écoutes.

Mais Julien Sagot n’a pas besoin d’être apprivoisé. L’électron libre s’arrête pour quelques minutes de conversation avant de retourner sur scène tâter son terrain de jeu.

Voir la vidéo sur le site d'Espace.mu

mardi 7 février 2012

Plus qu’un coup de cœur

Julien Sagot – Piano Mal (Sur Vacarm.net France)

Vous ne connaissez probablement pas Julien Sagot, mais mon petit doigt me dit que vous allez commencer à l’apprécier. Percussionniste des talentueux Karkwa, cet artiste québécois aux multiples facettes se projette à l’avant-scène avec son premier effort solo, disponible depuis quelques jours uniquement Outre Atlantique. Pour partir à la découverte de son univers onirique où les envolées de piano  vous feront sombrer dans une douce mélancolie, il vous faudra parcourir le web à la recherche de quelques extraits et d’un sublime single « Piano Mal ».

A peine quelques mois après l’annonce de Karkwa, à l’issue de sa tournée française en première partie d’Arcade Fire, exprimant son désir de « faire un break » afin de se concentrer sur des projets personnels, après 4 années au rythme fou alternant entre studio et concerts, Julien Sagot nous livre son premier opus comme si cette force de la nature ne savait calmer son inspiration de peur que la roue tourne. De sa voix grave qui couvrait Louis-Jean Cormier sur les titres de Karkwa, il vient sublimer son propre univers composé de guitares cendreuses, de nappes de claviers arrangés pour nous transporter dans un monde en noir & blanc aux allures cinématographiques.

Si « Piano Mal » s’illustre clairement comme un single en puissance nous laissant reconnaitre la force d’un clavier que l’on retrouve aussi dans Karkwa, Julien Sagot s’avère être un compositeur et un parolier talentueux avec une sensibilité désabusée qui fait résonner dans nos crânes des noms prestigieux. Julien Sagot ne se cache pas derrière un unique succès, puisque d’autres titres forts s’enchainent tels que le très calme « Palissade » aux nappes planantes qui contrastent avec le rock énergique du « Temps des vendanges ». Le triste « Qui » fait quant à lui écho à l’ambiance hivernale de « Février » avant de laisser places aux guitares claquantes des « Champs de coton ». Deux titres dénotent dans ce premier effort par leur étrangeté, « Une vieille taupe » avec son refrain décalé et l’énigmatique « S.O.S Panda » qui derrière de sons obscurs pourrait recouvrir un message à caractère politique.

Plus qu’un coup de cœur, moins qu’une découverte, Julien Sagot est un talent confirmé qui ne vous tarde qu’à écouter pour explorer une autre dimension de la Chanson québécoise.

.: Tracklist :.
1. Le trucifier 
2. Piano mal
3. Qui 
4. Palissade
5. Une vielle taupe
6. Le temps des vendanges
7. Château Rouge
8. Février 
9. Les champs de coton 
10. S.O.S. Panda</div>

lundi 6 février 2012

Sagot en scène


Percussionniste de Karkwa depuis la création du groupe, Julien Sagot se projette à l'avant-scène avec son premier effort solo. Accompagné de musiciens, l'auteur-compositeur-interprète explore la scène de part sa musique inspirée au son unique. Son premier disque est sur les tablettes depuis le 30 janvier 2012.

Upcoming concerts:

Friday 17.02.12 @ Québec
Friday 06.04.12 @ Laval

Parus sur Scène 1425

dimanche 5 février 2012

Sagot fait simplement du bien à la mélomanie


Julien Sagot – Piano Mal

Aussi membre de l’incroyable groupe qu’est Karkwa, Sagot nous gâte avec son premier album solo. Tout en nous offrant un style unique, il se sert bien du génie « Karkwaien ». Un album  adroitement décousu et audacieux.

« Le voyage singulier que nous propose Sagot est à la portée de tout mélomane le moindrement ouvert. » – Marc-André Mongrain. Le musicien explore plusieurs avenues, et l’ouverture d’esprit permet de l’apprécier. Alors d’un côté, il offre, avec notamment « Piano mal », un rythme quasiment burlesque et jazzé.

D’autres morceaux ressemblent beaucoup au style très mélodramatique / mélancolique et expérimental de Karkwa. Des arrangements sonores parfois même effrayants…J’irais jusqu’à dire qu’il est romantique, dans le sens « courant littéraire » du terme.

Lorsqu’il s’accompagne de choristes et d’un piano imposant, Sagot fait simplement du bien à la mélomanie.

Coup de cœur : « Piano mal »

Écrit par Maleïka Beauchamp dans l'Obtus, À la une, Arts & spectacles, Sorties de la semaine, le 4 février 2012