C'est mercredi, 1er février 2012, que le percussionniste de Karkwa, Julien Sagot, lançait son tout premier album "Piano Mal"
samedi 4 février 2012
Diaporama Julien Sagot, lancement de Piano Mal à La Tulipe
Un disque aux arrangements léchés et inventifs
En marge de son job de percussionniste chez Karkwa, Julien Sagot s’est permis une petite aventure extraconjugale en compagnie du guitariste Simon Angell (Patrick Watson, Thus:Owls) et de quelques autres compères dont Leif Vollebekk. Ainsi, le musicien d’origine française a créé un univers envoûtant, où se mêlent ambiances éthérées, intrigantes, ludiques et quelquefois surréalistes, tant sur le plan de la musique que des paroles. Les arrangements sont léchés et inventifs, les contours, polis mais jamais trop. Seule la voix ne semble pas tout à fait assurée. Léger détail, car Sagot et ses complices donnent au disque un ton et un son qu’ils maîtrisent. Un tout précis et juste assez éclaté qui risque de plaire aux amateurs d’Arthur H.
L’univers hypnotique de Sagot
| Julien Sagot (Photo : Jean Langevin) |
Originaire de France, mais Montréalais d’adoption depuis l’âge de 13 ans, le jeune homme est surtout connu comme «grattouilleur» inventif au sein du très populaire groupe québécois, pour lequel il écrit des textes à l’occasion.
Dans une volonté totalement assumée de vivre un projet qui lui ressemble au plan personnel et artistique, il a voulu creuser d’autres intérêts, farfouiller dans de multiples influences musicales, gratter d’autres objets pour accoucher d’un monde à lui.
Pour le jeune talent, ce désir d’exploration prend tout son sens dans Piano Mal, son nouveau-né, qu’il a fait découvrir aux Montréalais lors d’une performance de 30 minutes dans laquelle on a entendu des percussions, de la batterie (Joseph Perrault), du piano (Martin Lizotte), de la basse (Martin Lamontagne) et des guitares (Serge Nakauchi Pelletier et Leif Vollebekk) dans une ambiance rock feutrée.
«Le disque se défend mieux sur scène que je pensais. Il a certainement un manteau légèrement psychédélique, touffu, expérimental, mais j’arrive quand même à le faire respirer. Avec une touche un peu plus rock, ça passe bien, je crois», a raconté en entrevue le sympathique musicien.
Zones d’ombres
On doit prendre son temps pour pénétrer l'univers musical onirique de Julien Sagot, constitué de textes surréalistes, qui évoquent davantage qu’ils n’expliquent. D’autant plus que son écriture est enveloppée par une voix grave, résonnante, qui hypnotise. La musique folk, exploratoire, métissée, bricolée finement, ajoute une couche à cette ambiance de film qui nous perd quelque peu…à notre grand plaisir.
«Je me suis défini dans un style autre que celui appartenant à Karkwa [qui produit l’album par l’entremise de leur jeune maison de disque Simone Records] et c’est parfait ainsi, a confié Sagot. C’est un projet très personnel, moins orchestral, plus cinématographique. J’aime le noir et blanc, les textures, les ambiances sombres, qui cachent et laissent travailler l’imaginaire. C’est semblable pour mon disque.»
Au courant que l’on compare son travail à celui d'Arthur H ou de Serge Gainsbourg, le chanteur hésite : «Je ne suis pas certain. Je suis d’abord un Québécois. J’apprécie beaucoup le chanteur français Philippe Katerine, mais en général, mes inspirations proviennent davantage d’ici et des États-Unis. Je pense à Fred Fortin, Castanets, Miles Davis, Brian Eno, Patrick Watson…»
Bien que l’ensemble de l’album arrive à former un tout relativement cohérent, on navigue d’un tableau musical à l’autre. Il en va de même en concert. De la mélodie au piano La palissade, l’auteur-compositeur-interprète entraîne l’audience dans un monde à la Tim Burton (Le trucifié), tantôt sur une planète rock (l’énergique Le temps des vendanges) ou encore dans une atmosphère de vaudeville, comme en fait foi la pièce La vieille taupe, qui rappelle les élans de rock-bluegrass-jazz du chanteur américain Tom Waits.
Pour produire cet opus, Sagot s’est entouré de Simon Angell à la réalisation (première tentative réussie) et de Leif Vollebekk aux arrangements.
Même si son spectacle est toujours à développer, Julien Sagot fera la première partie des Barr Brothers, au Club Soda, le 22 février.
Par Jean-François Cyr / Agence QMI publié le mercredi 01 février 2012 pour le Journal de Montréal
vendredi 3 février 2012
Piano Mal fait un bien fou
Ecouter bien fort Piano Mal fait un bien fou
Dès le titre d’entrée, “Le Trucifier”, c’est la grosse claque. En quelques mesures, on commence déjà à comprendre dans quoi on est en train de mettre les oreilles. Nos neurones s’agitent et résument simplement les sentiments qui nous traversent : Julien Sagot est fou, Julien Sagot est bon, Julien Sagot est grand.
Dès le titre d’entrée, “Le Trucifier”, c’est la grosse claque. En quelques mesures, on commence déjà à comprendre dans quoi on est en train de mettre les oreilles. Nos neurones s’agitent et résument simplement les sentiments qui nous traversent : Julien Sagot est fou, Julien Sagot est bon, Julien Sagot est grand.
Piano Mal fait un bien fou.
Déroutante et riche, la production est vivante, aérée, rugueuse. Et terriblement belle : un son superbe, qui laisse place aux fantômes de la Frette (le studio-maison dans lequel a en grande partie été enregistré cet album). Julien Sagot s’octroie toutes les libertés avec une évidence désarmante et toujours juste. Et cette voix ! Rauque et douce, saturée souvent, elle nous donne à entendre un Julien comme on le connait : profond, souriant, doux, sérieux, drôle, urgent, pertinent, serein, chaleureux, bouillonnant, curieux…
”Piano Mal”, “Qui”, “Palissade” laissent entendre des inflexions Guidoniennes dans la voix (rappelez-vous le magnifique Trapèze enregistré avec Edith Fambuena). Une diction discrète et profonde qui chante comme elle parle, sans circonvolutions outrancières, sans manières mais avec une force naturelle du plus bel effet.
On se laisse perdre, dérouter, puis on se fait saisir par le délirant “Une vieille taupe”, avant de trébucher sur ”Le temps des vendanges”, qu’on écouterait à s’en faire péter les tympans tellement l’affaire tourne folle – Ce son de guitare !!!! Ca sent la Silvertone, l’Harmony ou quelque chose du genre, un vrai bonheur.
Les très recommandables Simon Angell (Patrick Watson, Thus:Owls) et Leif Vollebekk sont de la partie et ça s’entend… “Château Rouge”, “Février” et “Les champs de coton” nous emmènent par des chemins de traverses sinueux vers le final “SOS Panda”, paysage prog parfait, qui à lui tout seul justifierait de trouver le Québec digne d’intérêt (mais, loin s’en faut, ce n’est pas la seule raison…).
Ne cédant jamais à la facilité, n’évoquant que de très loin Karkwa (dont il est l’indispensable percussionniste), Julien Sagot tient ici son monde en haleine avec sérénité et élégance. Les arrangements ne font aucune concession, les choeurs sont toujours inattendus, les parti-pris esthétiques surprennent à chaque instant. En somme : cet album est excellent.
C’est décidé : Piano Mal est à partir de maintenant mon album de l’hiver 2011-2012. Je n’en démordrai pas.
Publié le 1 février 1, 2012 par Lo , Green Cats Babies
Sagot : sortir des sentiers battus
JULIEN SAGOT – Piano Mal
Dix pièces obtuses, impressionnistes, quasi hermétiques, pour le percussionniste de Karkwa, qui n’hésite pas à sortir des sentiers battus et à déjouer attentes et clichés sur ce premier disque pour le moins déroutant.
Tenez-vous le pour dit: y’a rien qui ressemble de près ou de loin à Karkwa sur cet album. Comme si Sagot voulait s’affranchir de la proposition – colossale et pesante – du groupe québécois des années 2000.
Des dix pièces se dégage une noirceur, parfois subtile parfois étalée, des jeux d’ombres musicaux et littéraires – difficile Le Trucifié en ouverture – des explorations électro-acoustiques (S.O.S Panda, qui clôt d’une belle manière ce premier disque) et un univers de cabaret ou s’entrechoquent les chansons décalées.
En toute franchise, Piano Mal n’est pas pour toutes les oreilles. Mais l’auditeur en surdose de pop sucrée régurgitée sur les ondes FM, l’amateur du champ gauche (très très gauche) musical trouveront en ce disque un baume pour leurs canaux auditifs. L’écriture groundée de Sagot, jumelée au talent de ses collaborateurs (Simon Angell et Leif Vollebekk, entre autres) et les rappels à l’univers de Tom Waits (textes tarabiscotés et tordus, thèmes glauques, instrumentation originale…écoutez Une Vieille Taupe pour comprendre) méritent à Piano Mal plusieurs écoutes, au long desquelles les qualités de l’album se révèlent.
jeudi 2 février 2012
Un premier album solo pour Julien Sagot de Karkwa
Le percussionniste du célèbre groupe Karkwa, Julien Sagot, se lance dans une carrière solo, le temps d’une pause avec son groupe!
C’est au La Tulipe que Sagot a donné une courte prestation en ce 1er février pour inaugurer Piano mal, l’œuvre qui le met cette fois en avant-scène, plutôt que derrière. Découverte du gars sorti de l’ombre.
Entrant en scène avec ses cinq musiciens, Julien Sagot s’installe avec sa guitare et ses micros, baignés d’une lumière bleutée. C’est une ambiance enveloppante et vaporeuse à la fois qui nous entoure dès les premières notes de la chanson Le trucifié, probablement la meilleure de la soirée. Les tambours qui transpercent le corps de leurs vibrations et la voix grave et profonde de Sagot nous transportent immédiatement hors de ce monde. Une mélodie fabuleuse, à la hauteur des attentes.
Puis il empoigne le micro pour un tout autre air, changeant de registre brutalement. Dans Piano Mal, les aigus côtoient la voix grave, cependant moins réussis. Sagot lui-même qui assure ses back up vocals en grande partie, encore plus réussi que ses paroles simplement chantées. Le véritable talent perce à travers le voile diaphane des échos.
Pour Le temps des vendanges, Sagot s’attaque à la batterie. Merveilleux mélange du piano vivant avec la basse vibrante, créant un superbe rythme lent et bien senti. L’émotion traverse les paroles et fait vibrer tous au même diapason.
Les textes magnifiques, écrits par Sagot lui-même, sont l’une des grandes forces de cette musique qui n’est pas sans rappeler le style de Karkwa lui-même, évidemment, et aussi un peu de Malajube. Dans Une vieille taupe, c’est plutôt le fantôme de Dédé Fortin qui ressort dans cet air folk ponctué d’harmonica. Le tout a un air d’années 50, et le twist est de mise dans l’audience devant les musiciens.
Lorsqu’il attrape le micro, le percussionniste de Karkwa devient un autre homme. Son style et sa présence sont assez particuliers, pour ne pas dire imprévisibles. C’est un univers unique qui nous est servi et à travers lequel on avance tantôt dans les brumes, tantôt avec les lumières droit dans les yeux.
Piano mal, premier album solo de Julien Sagot, est disponible en magasin dès maintenant.
Site officiel : www.sagot.ca
Photos du lancement disponibles dans notre section photoreportages et sur notre page Facebook.
Texte : Audrey Neveu
Photos : Sébastien Crête
Artistes et curieux applaudissent Julien Sagot
Lancement Julien Sagot: artistes et curieux applaudissent le musicien de Karkwa
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